FR
DE
L’actualité suisse des Smart Numbers
et des solutions IVR

Smartphone Blog

29.11.2016

Baisse des prix de roaming en Europe : les conséquences pour la Suisse

Impossible de passer à côté de cette information : les opérateurs Mobiles de nos voisins européens ont fortement baissé leurs coûts de roaming (également appelés frais d’itinérance) au sein de l’Union Européenne.

Concrètement, cela veut dire que pour un ressortissant de cette communauté, il peut recevoir et passer des appels et des SMS depuis n’importe quel autre pays de l’UE à moindre coût, avec son abonnement mobile. Il a même été annoncé que les frais d’itinérance lors de l’utilisation d’un téléphone portable dans l’UE disparaîtront en 2017.

Cette décision est ainsi une très bonne nouvelle pour les habitants de nos pays voisins. Cependant, comme vous vous en doutez, cela représente un gros manque à gagner pour les opérateurs télécom de l’Union Européenne.
Cette idée de baisser les coûts n’est donc bien évidement pas une idée émanant de leur part. Il s’agit de la haute autorité de l’Union Européenne qui a fait pression sur les opérateurs pour diminuer leurs prix. Autant dire qu’ils n’ont pas eu le choix, cela leur a été imposé !

Pour le coup, l’UE n’y est pas allée de main morte : la nouvelle réglementation impose aux opérateurs de diviser environ par quatre leurs tarifs pour les appels et les données et par trois ceux pour les SMS, soit un plafond à 5 centimes d’euros la minute par appel passé, 2 ct. par SMS envoyé et 5 ct. par mégabyte de données mobiles hors TVA.
Ceci n’est qu’une première étape puisque, comme évoqué précédemment, à partir du 15 juin 2017, ces frais seront entièrement supprimés ! Les consommateurs paieront alors, où qu'ils se rendent dans l'Union Européenne, un prix identique.
Cet accord a été conclu entre les différentes institutions européennes à l'été 2015.

Afin d’anticiper cette perte, certains opérateurs ont déjà modifié leurs offres en proposant d'intégrer des destinations européennes dans leurs forfaits illimités.

Qui cela concerne-t-il exactement ?

Il s'agit de l'Espace économique européen (EEE) qui comprend les 28 États membres de l'Union européenne avec trois pays supplémentaires : l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège.

Qu’en est-t-il pour la Suisse ?

Cette perte financière pour les opérateurs de l’Union Européenne a des répercutions sur les coûts des communications des pays hors de l’UE, comme la Suisse.

Comme expliqué ci-dessus, ces mesures restrictives imposées sont valables uniquement pour les pays membres. Pour le reste du monde, les opérateurs sont entièrement libres d’appliquer les frais d’itinérance de leur choix. Ainsi, ne pouvant plus faire de profits sur le roaming inter UE, les opérateurs se « rattrapent » sur les frais de terminaison fixe et mobile facturés dans tous les pays hors Union qui terminent leurs appels au sein de l’UE.

Il est ainsi de plus en plus cher d’appeler les pays de l’UE depuis la Suisse et ce aussi bien sur leurs numéros fixes que sur leurs numéros mobiles.

Cette nouveauté concerne tout particulièrement la clientèle SmartPhone, exploitant des numéros business : numéros gratuits 0800, numéros à coûts partagés 084X ou de numéros surtaxés 0900 – 0901 – 0906. Les frais de routage entre le numéro payant et le numéro de destination, si ce dernier est à l’étranger, seront alors plus élevés.

Pour notre part, nous n’avons pas encore répercuté ces différentes hausses des frais de routage sur nos clients et en assumons seuls les coûts financiers. Cependant, la vente à perte étant interdite, si ce phénomène continue de s’amplifier, nous serons dans l’obligation de rectifier à notre tour nos tarifs de routage.

Pourquoi ne pas faire de même en Suisse ?

L’abandon du "roaming" en Suisse n’est pas au programme.

Le projet a bel et bien été proposé par le Conseil fédéral afin d’empêcher l'explosion des factures de téléphone à l'étranger. Cependant, le projet de révision de la Loi sur les télécommunications a été mal accueilli par les milieux concernés.

La Fédération romande des consommateurs soutient bien évidement le projet, disant même qu’il ne va pas assez loin.

L’exemple de nos voisins européens nous permettra très vite de connaître les avantages mais surtout les effets d’une telle mesure et donc de peser le pour et le contre avant que nos autorités fédérales se décident ou non d’agir en conséquence.
Pour être honnêtes, nous sommes sceptiques qu’une telle mesure s’applique en Suisse car, la Confédération étant l’actionnaire majoritaire (51%) de Swisscom, nous la voyons mal se priver d’une telle source de revenus ! Cela est, bien entendu, dommageable pour le consommateur suisse qui continuera de payer très cher son roaming mobile à l’international.